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 Manger local n’est pas écolo ?!

Manger local n’est pas écolo ?!

Jonathan LECOINTE - CTO

Article publié le March 31, 2021

Jonathan LECOINTE

CTO

Quand on s’intéresse à l’écologie, il y a beaucoup d’idées répandues qui sont considérées comme les bases pour mieux respecter notre environnement : réduire ses déchets, diminuer sa consommation de viande… et consommer localement ! Mais en bons citoyens qui souhaitons nous améliorer, il faut se renseigner pour ne pas suivre aveuglément des dogmes, et prendre les bonnes décisions : changer ses habitudes, c’est bien, savoir pourquoi on le fait, c’est mieux 😉

Pour illustrer cette position, prenons une pratique qui est généralement considérée comme étant bonne pour l’environnement : privilégier une alimentation locale plutôt que des produits importés serait “plus écologique”. Alors, info ou intox ? Vérifions ensemble !

1 - Manger local = réduire son impact ?

Intuitivement, on peut penser que consommer local émet forcément moins de carbone : rajouter l’impact du transport à la production doit forcément rendre l’impact plus fort. Et bien ce n’est pas aussi simple que ça ! L’information généralement oubliée, c’est que toutes les productions d’un même aliment ne sont pas équivalentes. Faire pousser une tomate sous le chaud soleil d’Italie demandera bien moins d’énergie que de la faire pousser sous serre dans notre Nord chéri, et les légumes poussant dans des régions où le sol est très riche auront moins besoin d’engrais que ceux poussant dans des sols moins hospitaliers.

Il y a donc des différences d’impact dans la production, mais il reste toujours la question du transport. Et, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, transporter des aliments sur de longues distances ne provoque pas tant d’émissions de CO2. En effet, les quantités d’aliments transportées sont si grandes, que les émissions de GES sont très bien réparties sur l’ensemble, et l’impact se retrouve limité. Ceci-dit, ce n’est pas vrai pour le transport par avion, qui lui est beaucoup plus polluant.

Tableau comparatif

Exemple d’utilisation de ce tableau : transporter des bananes (donc température contrôlée) par bâteau de Guadeloupe à la France (environ 6500km) émet 130kgCO2eq, soit 0.13kgCO2 par kg de banane. Chiffres issus de cet article scientifique.

2 - Pourquoi manger local alors ?

L’impact écologique ça compte aussi !

Bien que l’on vienne de voir que le transport des aliments est peu émetteur en GES, il est par contre très polluant sur d’autres aspects, notamment pour les bateaux :

  • Risques de “marées noires”
  • Emission de particules fines polluant l’atmosphère (les carburants des bateaux sont beaucoup plus polluants sur cet aspect que ceux des voitures)
  • Pollution sonore qui impact les animaux se déplaçant par écholocation
  • L’impact carbone, c’est important, mais ce n’est pas tout 😉

Gaspillage alimentaire

Transporter les aliments sur de grandes distances, c’est augmenter le risque d'abîmer les aliments dans leur transport. On a donc de plus grandes quantités gaspillées qu’en consommation locale. Et quand vous allez sur votre marché ou chez le producteur, et que vous voyez des légumes moches ou un peu abimés, vous pourrez les acheter quand même, alors qu’ils seront sans doute jetés à la poubelle s’ils vont dans des grandes surfaces.

Encourager l’économie locale

Consommer local, c’est soutenir les producteurs locaux. Aujourd’hui, les agriculteurs ont très souvent besoin d’aides de l'État pour faire fonctionner leur ferme (9 milliards d’aides en 2020), le milieu de l’alimentation est très compétitif, et les grandes surfaces ont l’habitude de faire baisser les prix au maximum. En achetant ses aliments localement, on réduit le nombre d’intermédiaires, et une plus grande partie du prix de l’aliment va à son producteur #commerce-équitable Soutenir les agriculteurs de nos terroirs, c’est aussi assurer la transmission de la connaissance locale du sol, des pratiques et des variétés, contribuant à une agriculture plus raisonnée.

Savoir ce que l’on mange

S’alimenter localement, c’est souvent savoir exactement d’où vient le produit consommé, connaître son mode de production (agriculture intensive ? Bio ? …), et pouvoir être sûr de retrouver la même qualité de produit à l’avenir. Si j’ai l’habitude d’acheter mes tomates chez un paysan donné, je sais s’il a de bons produits (bonne conservation, bon goût…) et que je ne serai pas déçu.

Un geste militant

Comme pour toutes les questions de consommation : manger local, c’est un acte militant, c’est voter pour un type de production, pour une consommation de saison, pour sortir du circuit d’hyper-consommation de notre société mondialisée ✌🌍

3 - Alors, qu’est ce qu’on fait ?

L’écologie, ce n’est pas que l’impact carbone. C’est aussi l’impact sur la biodiversité, favoriser des méthodes de production, des modes de vie… Et manger local s’inscrit dans ces logiques-là. C’est donc pour toutes ces raisons qu’il est bénéfique de consommer localement autant que possible.

Alors, maintenant que vous avez ces arguments en tête, vous êtes convaincus ? Partagez dans les Agoras et sur les réseaux vos habitudes de consommation, pour inspirer (et être inspirés par) vos camarades 😉

PS : L'astuce du marché : regarder les mains des vendeurs : on voit vite si ce sont les mains d’un agriculteur qui vend directement ses produits. Fraîcheur garantie !

Concrétisez vos engagements pour l'environnement,

en impliquant chacun.e au quotidien avec Energic !